12 mai 2006 : « Légalisation de l’euthanasie, où en sommes-nous ? »


Plan de l’intervention de
Jean-Luc Romero,
Vice-président de l’ADMD
A la réunion de la région Midi-Pyrénées
Toulouse – 12 mai 2006
 
« Légalisation de l’euthanasie, où en sommes-nous ? »
 
 
 
Chers amis,
 
Permettez-moi de dire mon plaisir d’animer cette réunion aux côtés de mon ami Paul Chauvet, ancien président de notre association et actuel administrateur national. Et un administrateur plus qu’actif !
Comme Martin Gray - Le livre de la vie -, nous pensons qu’« Il faut que l’homme apprenne à voir la mort comme un moment de la vie. »
Alors, « Légalisation de l’euthanasie, où en sommes-nous ? »
 
 
 
 
  1. La situation actuelle
 
  1. Une association puissante.
L’ADMD n’a jamais été dans une situation aussi exceptionnelle. Pas une journée qui ne voit arriver à notre siège des dizaines d’adhésions. Notre association créée en 1980 – nous venons de fêter dignement nos 25 ans ! – n’a jamais eu autant d’adhérents : plus de 40.000 à jour de cotisation à fin avril !
Rare, croyez-moi dans le paysage associatif français.
Nous sommes même membre d’une organisation internationale des associations pour le droit de mourir dans la dignité qui fédère 36 associations issues de 22 pays soit 1.000.000 d’adhérents.
Oui, vous avez bien entendu : 1 million !
 
  1. un contexte mobilisateur.
Trois affaires ont fait avancer notre cause : celle du couple Quilliot, la digne fin de Mireille Jospin.
Et bien sûr le détonateur : l’affaire de Vincent Humbert qui a rappelé aux Français que la mort n’est pas seulement une affaire de seniors, mais celle de toutes et tous… Car la mort ne s’annonce pas toujours. Elle frappe souvent aveuglément quand on ne s’y attend pas. (Développer l’affaire Humbert, le courage et la croisade de Marie).
 
  1. Un début de réaction politique…
La médiatisation exceptionnelle de l’affaire Humbert et de ses rebondissements judiciaires a obligé les politiques à se pencher sur la fin de vie.
Création de la mission parlementaire, présidée par Jean Léonetti, en 2003 (développer).
Loi du 22 avril 2005 : laisser mourir sans faire mourir. Légère avancée notamment avec la reconnaissance des directives anticipées. Mais cela reste toujours à l’appréciation de l’équipe médicale et il n’y a pas de fichier national des directives anticipées. (développer, la fin de vie reste une affaire médicale alors que c’est notre ultime liberté).
 
  1. L’échec des soins palliatifs en France.
Les responsables politiques nous ont asséné que la demande d’euthanasie était exceptionnelle grâce au développement des soins palliatifs.
L’ADMD est favorable à ces SP mais parfois ils ne sont pas suffisants.
Pire, un rapport de la Cour des comptes de septembre 2005, rendu curieusement public qu’en mai 2006 ( !) démontre le recul de l’offre de soins palliatifs en France.
Alors qu’il faudrait 3000 places en Unité de soins palliatifs [USP], nous sommes passés de 834 à 783 lits dans les 78 USP de 2002 à 2004. Pire, 6 régions ne disposent d’aucune unité…
Alors que 150.00 personnes ont besoin tous les ans de SP, seuls 50.000 y ont accès dont un peu plus de 10.000 dans les USP.
Le système idyllique présenté par les politiques et les mandarins n’est qu’une propagande éhontée.
 
  1. Alors, que faire pour faire avancer notre combat de liberté ?
 
  1. Ne pas relâcher la pression sur le fond !
D’abord, rappeler sans relâche les sondages et notamment celui récemment réalisé par l’ADMD. Depuis 20 ans, toutes les études d’opinion sans exception montrent une majorité de plus de 80% de Français favorables à la légalisation de l’euthanasie.
Présenter ensuite notre proposition de loi (montrer que notre texte est une garantie pour tous, il ; évite l’arbitraire actuel – développer les exemples Hollandais et belge).
 
  1. Mettre en œuvre un lobbying intense auprès des pouvoirs publics.
Les élections présidentielles et législatives de 2007 doivent être une tribune pour notre combat. Les candidats ne pourront plus éviter de se prononcer.
Nous inviterons début 2007 les principaux candidats à l’élection présidentielle à venir s’exprimer au cours d’une convention de l’ADMD à Paris et nous publierons largement leurs réponses…
Nous solliciterons tous les partis grâce à un questionnaire.
Enfin, chaque militant – je rappelle que nous sommes 40.000 ! – sera sollicité pour décrire aux candidats de sa circonscription pour leur dire à quel point la légalisation de l’euthanasie est pour nous une Urgence aujourd’hui… (développer).
 
  1. Conclusions : vers la reconnaissance de notre dernière liberté !
 
Nous sommes pour la légalisation de l’euthanasie car nous sommes des républicains attachés à notre devise « liberté, égalité, fraternité. »
  • La liberté pour tous, pour celles et ceux qui veulent mourir le plus tard possible, mais aussi pour nous qui au regard des progrès considérables des plateaux techniques des hôpitaux ne voulons pas d’acharnement. Nous sommes nous, contrairement à nos adversaires, pour plus de liberté. Pour la liberté pour aux mais aussi et enfin pour nous !!!!
  • L’égalité. Selon que l’on est médecin ou bien entouré, on peut accéder à la bonne mort. C’est contraire au principe d’égalité. De plus, la décision récente de non lieu pour Marie Humbert et du docteur Chaussoy montre que l’égalité n’est pas appliquée car pour une affaire similaire un médecin de Dordogne est poursuivi… (développer cette affaire). Enfin, on ne peut accepter que des gens qui ne le souhaitent pas soient euthanasiés comme cela se passe aujourd’hui sans loi et que ceux qui veulent partir ne le peuvent pas…
  • La fraternité ou la solidarité car on doit entendre la demande de soulagement de ceux qui n’en peuvent plus de vivre dans un corps devenu parfois un vrai cercueil…
Bref, c’est vraiment parce que nous sommes des républicains que nous exigeons qu’on respecte notre dernière liberté et qu’on nous laisse mourir debout !
 
Et pensons aux propos d’Henry Scott Holland traduit par Péguy :
 
« La mort n’est rien ;
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté. […]
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin… »
 

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